Oui, vous pouvez installer des caméras chez vous, sans déclaration à la CNIL ni autorisation de la préfecture. La règle est simple mais stricte : vous ne filmez que votre propriété, jamais la rue ni le terrain de vos voisins, et vous informez toute personne qui travaille chez vous. Voici ce que disent les textes, et comment les respecter en pratique.
01Le principe : votre propriété, et rien d'autre
La CNIL résume la règle dans sa fiche « La vidéosurveillance – vidéoprotection chez soi » (publiée le 23 juillet 2018, toujours en ligne en octobre 2026) : les particuliers « ne peuvent filmer que l'intérieur de leur propriété ». Concrètement :
- Votre maison, votre jardin, votre allée, votre garage : autorisé.
- La voie publique (rue, trottoir, place) : interdit, même pour surveiller la voiture garée devant chez vous. Seules les autorités publiques, comme les mairies, peuvent filmer la voie publique, rappelle la CNIL dans sa page consacrée à la vidéoprotection datée du 9 mars 2026.
- Chez vos voisins : interdit. Aucune caméra ne doit plonger dans leur jardin, sur leur terrasse ou leur piscine.
Dans les lotissements et les bourgs autour de Rennes, les maisons sont souvent proches et la façade donne directement sur la rue. Une caméra posée « au jugé » voit presque toujours plus loin que la limite de propriété. La solution passe par l'orientation, le choix de l'objectif et le masquage de zones : les caméras professionnelles permettent en général de noircir une partie de l'image (le trottoir, la fenêtre d'en face), qui n'est alors ni affichée ni enregistrée.
02Sonnette vidéo, appartement, invités : les cas fréquents
- La sonnette ou le visiophone vidéo. La même règle s'applique. Orientez-le vers votre entrée et masquez la rue et le voisinage si l'appareil le permet.
- L'appartement. Vous pouvez filmer l'intérieur de votre logement. Le palier, le hall ou le parking sont en revanche des parties communes : les filmer ne relève pas de votre seule décision. Renseignez-vous auprès de votre syndic avant tout projet.
- Vos proches et vos invités. La CNIL rappelle que leur droit à l'image doit être respecté. Ne diffusez pas d'images d'eux sans leur accord.
03Une personne travaille chez vous : informez-la
Garde d'enfants à domicile, aide-ménagère, aide à domicile : dès qu'une personne extérieure au cercle familial intervient chez vous, la CNIL demande deux choses.
- L'informer de l'existence des caméras et de leur objectif, par exemple par un affichage ou par une clause du contrat de travail.
- Ne pas la filmer en permanence : selon la CNIL, « les caméras ne devront pas filmer les salariés en permanence » pendant leur activité professionnelle.
En pratique, prévenez avant le premier jour plutôt qu'après. Indiquez par écrit quelles pièces sont filmées et pourquoi, par exemple la sécurité du logement en votre absence. Laissez hors champ les endroits où la personne se change ou prend sa pause.
Une caméra cachée pour surveiller une nounou est une mauvaise idée. Au-delà du conflit qu'elle provoque le jour où elle est découverte, elle peut vous exposer aux sanctions pénales décrites ci-dessous.
04Pas de formalité, mais des sanctions en cas d'abus
Tant que votre installation reste dans la sphère strictement privée, vous n'avez aucune démarche à faire : ni déclaration à la CNIL, ni autorisation préfectorale. Cette autorisation concerne les lieux ouverts au public, comme les commerces : voyez notre article sur les démarches d'un commerce.
Les abus, eux, sont sanctionnés :
- Au pénal. L'article 226-1 du Code pénal punit d'un an d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende le fait de fixer, d'enregistrer ou de transmettre, sans son consentement, l'image d'une personne se trouvant dans un lieu privé. Les peines passent à deux ans et 60 000 € quand l'auteur est le conjoint, le concubin ou le partenaire de pacs de la victime (version en vigueur depuis le 23 mars 2024).
- Au civil. L'article 9 du Code civil protège la vie privée de chacun. Un voisin qui s'estime filmé peut demander au juge de faire cesser l'atteinte, par exemple en ordonnant de réorienter ou de retirer la caméra.
- Les autres recours. La CNIL cite aussi son service des plaintes, la police ou la gendarmerie, et le procureur de la République.
À retenir
Chez vous, vous filmez votre propriété et rien d'autre. Ni la rue, ni le voisin, et jamais une personne employée chez vous sans l'en avoir informée.
05Nos conseils pour une installation sereine
- Contrôlez le champ réel à l'écran une fois la caméra fixée, pas seulement sur le papier.
- Masquez ce qui dépasse de votre propriété plutôt que de compter sur un angle approximatif.
- Protégez l'accès aux images : réservez-le aux personnes du foyer qui en ont besoin. Changer les mots de passe d'origine dès la mise en service figure parmi les premières recommandations de Cybermalveillance.gouv.fr pour les objets connectés (page mise à jour le 5 octobre 2026).
- Ne gardez pas les images indéfiniment. Quelques semaines suffisent en pratique pour retrouver un événement.
- Choisissez une résolution adaptée à ce que vous voulez voir. Notre article 4 Mpx, 4K, vision nocturne explique comment raisonner.
Si un voisin s'inquiète, montrez-lui l'image : constater que son jardin est masqué suffit souvent à le rassurer.
En résumé
- Vous pouvez filmer votre propriété sans aucune démarche auprès de la CNIL ou de la préfecture.
- La rue et les propriétés voisines sont exclues, même pour surveiller votre voiture.
- Une personne employée chez vous doit être informée et ne doit pas être filmée en permanence.
- Filmer sans son consentement une personne qui se trouve dans un lieu privé est puni d'un an d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende.
Lors de nos installations, nous réglons les angles et les zones de masquage pour que vos caméras restent dans ce cadre. Découvrez nos solutions de vidéosurveillance ou contactez-nous pour en parler.