Une caméra ne sert à rien si l'image dont vous avez besoin a disparu : carte volée avec la caméra, disque plein, connexion coupée. Voici les trois endroits où enregistrer vos images et leurs limites, la capacité à prévoir, la durée de conservation et la façon de remettre proprement les images aux forces de l'ordre.

20 à 215+ joursDurée couverte par une carte de 128 Go, selon les réglages de la caméra (Axis)
27 Go par jourVolume d'une caméra 2 Mpx qui enregistre en continu à 2,5 Mbit/s
1 moisConservation maximale des images de vidéoprotection, hors enquête judiciaire

01La carte SD dans la caméra

La carte mémoire glissée dans la caméra est la solution la plus simple : aucun appareil en plus. Elle a deux faiblesses.

  • Elle part avec la caméra. Caméra arrachée, images de l'intrusion perdues. Et une carte retirée peut être lue ailleurs, sauf si le chiffrement a été activé, rappelle Axis dans son livre blanc sur les cartes de surveillance (juin 2025).
  • Elle s'use. Chaque cycle d'écriture et d'effacement abîme légèrement la mémoire flash, explique ce document, et une caméra réécrit sa carte en permanence. D'où les cartes dites « haute endurance », conçues pour l'enregistrement continu. Pour ses cartes de 128 Go, Axis estime la durée de vie à environ 10 ans à 2,5 Mbit/s, mais 5 ans à 4,5 Mbit/s.

02L'enregistreur sur place (NVR)

L'enregistreur réseau (NVR, pour Network Video Recorder) centralise les flux de toutes les caméras sur un disque dur, en continu ou sur détection. Trois précautions :

  • Le cacher et le fermer. Un enregistreur visible depuis l'entrée peut être emporté avec les preuves. Placez-le dans un endroit discret, idéalement un placard ou une baie fermés à clé.
  • Le secourir. Une coupure de courant arrête l'enregistrement, et les caméras alimentées par le switch PoE (le boîtier qui les alimente par le câble réseau) s'éteignent. L'ANSSI invite à réfléchir au niveau de continuité de service souhaité, dont l'autonomie en cas de coupure électrique (guide sur le contrôle d'accès et la vidéoprotection, 8 avril 2025) : c'est le rôle de l'onduleur.
  • Le mettre à l'heure. Le même guide recommande fortement de synchroniser les horloges sur une source de temps fiable (protocole NTP) : une heure fausse complique les recherches.

03Le cloud

Les images partent sur les serveurs d'un prestataire : le vol ou l'incendie de l'enregistreur ne les efface plus. En contrepartie :

  • Un abonnement, à payer aussi longtemps que vous gardez le service.
  • Du débit montant. Quatre caméras à 2,5 Mbit/s en continu occupent 10 Mbit/s d'envoi en permanence : comparez avec le débit montant de votre abonnement. Et si internet est coupé, plus rien n'arrive dans le cloud.
  • Le lieu d'hébergement. Demandez où sont stockées les images. Pour une entreprise ou un commerce, un transfert de données personnelles hors de l'Union européenne doit être encadré par des outils juridiques (CNIL, page consultée le 30 octobre 2026).
  • Le compte, dont tout dépend : voyez comment sécuriser l'accès à distance.

Les solutions mixtes

Avec un enregistreur et une carte SD dans chaque caméra, la carte prend le relais quand le réseau ou l'enregistreur tombe, et certains logiciels récupèrent ensuite les séquences manquantes, décrit Axis. Avec un enregistreur et le cloud, tout reste sur place et une copie, par exemple des alertes, est mise à l'abri.

04Le comparatif

Carte SD Enregistreur (NVR) Cloud
Où sont les images Dans chaque caméra Sur un disque, chez vous Chez un prestataire
En cas de vol sur place Perdues avec la caméra Perdues si l'enregistreur est emporté Conservées
Coupure d'internet Sans effet Sans effet Plus rien n'est envoyé
Coût dans la durée Cartes usées à remplacer Aucun abonnement Abonnement
Point de vigilance Carte haute endurance Emplacement caché, onduleur Débit montant, hébergement

05Quelle capacité prévoir ?

Tout part du débit de la caméra, en mégabits par seconde (Mbit/s). Une journée compte 86 400 secondes : 1 Mbit/s en continu produit 10,8 gigaoctets (Go) par jour. Le débit dépend de la résolution, de la scène et de la compression. Ordre de grandeur avec les débits retenus par Axis dans ses simulations :

Caméra et débit Par jour 4 caméras, 7 jours 4 caméras, 30 jours
2 Mpx, 2,5 Mbit/s 27 Go 756 Go 3,2 To
5 Mpx, 3,5 Mbit/s 37,8 Go 1,1 To 4,5 To
8 Mpx (4K), 4,5 Mbit/s 48,6 Go 1,4 To 5,8 To

L'enregistrement sur détection réduit fortement ces volumes : Axis annonce ainsi, pour une carte de 128 Go, de 20 à plus de 215 jours selon les réglages.

La compression pèse aussi. Selon l'Union internationale des télécommunications (communiqué du 25 janvier 2013), H.265 demande moitié moins de débit que H.264. Axis nuance : conçu pour la télévision, H.265 n'est pas encore pleinement adapté aux éclairages difficiles, fréquents en vidéosurveillance, et H.264 associé à une compression « intelligente » demande parfois moins de débit (livre blanc Zipstream, juillet 2026).

Attention

Fixez d'abord la durée de conservation, puis choisissez le disque. Pour les caméras au travail, la CNIL précise que cette durée « ne doit pas être fixée en fonction de la seule capacité technique de stockage de l'enregistreur ».

06Combien de temps garder les images ?

Dans un commerce ou une entreprise

Pour les zones ouvertes au public, l'autorisation préfectorale fixe la durée, au plus un mois hors enquête judiciaire, et peut imposer une durée minimale (article L252-5 du Code de la sécurité intérieure) : relisez votre arrêté avant de régler l'enregistreur. Pour les zones réservées au personnel, la CNIL (fiche de juillet 2018) retient un mois en principe, quelques jours suffisant en règle générale. Le reste est détaillé dans les démarches d'un commerce.

Chez vous

La fiche de la CNIL sur les caméras chez soi (juillet 2018) ne fixe pas de durée. Un repère pratique : couvrir votre plus longue absence, pour remonter le temps au retour. Ce que vous pouvez filmer est expliqué dans ce que dit la loi chez soi.

07Qui peut regarder les images ?

  • Chez vous : selon la CNIL, « toute personne autorisée par le propriétaire des lieux ».
  • Au travail : les seules personnes habilitées par l'employeur, formées et sensibilisées, indique la CNIL.
  • Dans les zones ouvertes au public : les personnes prévues par l'autorisation préfectorale (article L252-2 du CSI), et les policiers et gendarmes désignés si elle le prévoit (article L252-3).
  • La personne filmée peut demander à voir les images où elle apparaît (Service Public, fiche vérifiée le 6 janvier 2026).

08Remettre des images aux forces de l'ordre

Pour la vidéoprotection, l'arrêté du 3 août 2007, toujours en vigueur, fixe les règles d'export. Chez vous, la méthode vaut aussi.

  1. Repérez la séquence au plus vite : caméra, date, heure, et l'éventuel décalage de l'horloge.
  2. Exportez-la avant que l'enregistreur ne l'écrase. Le plafond d'un mois ne s'applique pas aux images utiles à une enquête.
  3. Exportez depuis l'enregistreur, sans filmer l'écran : l'arrêté exige un export « sans dégradation de la qualité » et la fourniture du logiciel de lecture, sur un support distinct des images.
  4. Demandez le support souhaité. L'arrêté prévoit un support non réinscriptible, ou un disque dur pour les gros volumes.
  5. Gardez une trace : séquences, date, auteur, destinataire. Au travail, la CNIL demande de consigner l'extraction dans un cahier spécifique.
  6. Signalez les images lors de la plainte et remettez-les à la demande des enquêteurs.

Bon à savoir

H.265 n'est pas lu par tous les lecteurs, ses licences ayant freiné la diffusion des décodeurs, note Axis. Sans le lecteur du fabricant, la vidéo risque d'être illisible chez les enquêteurs.

En résumé

  • La carte SD disparaît avec la caméra et s'use : prenez-la « haute endurance ».
  • L'enregistreur se cache, se ferme à clé, se secourt par un onduleur et se met à l'heure.
  • Le cloud protège du vol, au prix d'un abonnement, de débit montant et d'un hébergement à vérifier.
  • Fixez la durée de conservation avant la capacité : un mois au plus en vidéoprotection.
  • Pour les enquêteurs, exportez dans le format d'origine avec le lecteur, et notez ce que vous remettez.

Nos installations de vidéosurveillance reposent sur un enregistreur local, sans abonnement obligatoire ; le stockage cloud est une option, utile contre le vol de l'enregistreur. Pour dimensionner le stockage de vos caméras, vous pouvez nous contacter du lundi au vendredi, de 9 h à 18 h.